Essence

De mon oeil impitoyable

Le chemin le plus court

Tournoiement

Une muette riante

Portes

Recension de « Nimbes » par Luc Vidal

Sur Nimbes d’Arta Seiti, Fauves éditions, par Luc Vidal
Nimbes, limbes, labyrinthe, marelle. L’association de ces quatre mots cristallisera le commentaire que je vais tenter de faire du livre subtil et vibrant d’Arta Seiti. Le je de cet écrit a « les yeux pluriels ». Et c’est le chemin de la poète vers l’altar ( l’autel ou le choeur) qu’elle atteindra l’ataraxie, la tranquillité de l’âme. Nimbes, le mot du titre est au pluriel. Peut-être est-ce pour l’auteure une manière de dire aux lecteurs attentifs qu’elle suggère dans son livre une multitude d’approches du sens du mot selon les époques d’elle-même et selon ses propres perceptions du phénomène. Nous retiendrons pour les besoins du commentaire l’idée suivante : celui du disque de lumière dont la recherche intime est au centre de la vie d’Arta et de l’écriture même du livre. Il ne s’agit pas de l’auréole qui irradie le corps entier. Recherche mystique, métaphysique et sensuelle, tant il est vrai que ces thèmes traversent l’écriture et l’être de la poète. Ses recherches intellectuelles citées, mangées dont elle se nourrit renforcent la présence physique de ses identifications aux mythes fondateurs de l’humaine condition… (Lire la suite)

Pour un effet de style

Sombre gougnafier – (mots-surannes.fr)

Gougnafier
  Ce lourdeur
  Impoli
   Cria un paltoquet
    Et de parler tout bas
    Comme les polis
    Bons à rien
      Repris un autre
      Grossier
      Et tous ensemble
      Nous faisions des louanges
      Aux hypocrites
    Aux êtres surprenants
     De néologismes
      De trouvailles
      L’impoli  insulta
      L’hypocrite  se révolta
      Gougnafier

Galapiat
   Paltoquet !
     Et elle se laissa insulter
    Par  ce vaurien
    Que dirait le poli ?
    Ô bien-pensance
    Cette délicate révérence
     Courtoise
      Désir de  tromper
      Gougnafier
       Galapiat
       Ce vieux français
        Que j’aime utiliser
         Pour un effet de style
          Et surtout de sens
           Laissez-moi  vous dire
             Que j’écris ce  poème
              Pour la plus avare des âmes
               Et ce masque
                Trame  de nos vies
                  Pour un  hypocrite.

Franchir une haie

« L’imprévisible possibilité »
Jean-Pierre VIEVILLE (artactif.com)


Franchir une  haie
   Humer les brumes de l’enfance
   Idole et temple de mon jardin
    Êtes – vous  toujours là ?
 Buissons aimés,
  Ce  square de la Jeunesse
    Cette allée  cavalière
    Où j’apprends à lancer  des pas
    Lents et  décisifs,
    Franchir une haie
    Et une voix  vibrante
     D’un chant polyphonique
      Que j’écoute
  Franchir une haie
   Et d’entendre la nuit
   Une  quinte de toux
  Franchir une  haie
     Et me voir dans notre grand miroir
      Portant cette broche – symbole
       Chromatique,
      Franchir une haie
       Un train qui nous  conduit  vers un lac
       Franchir une haie
        Et voir les mains de ma grand-mère
       Moudre du café,
     Haie  qui me  transporte
       Clôture en bois
       Vieux  chênes
       Passage vers un défilé d’objets  sacrés
         Epreuve de vitesse
Cette  course
Où  je me lance !
Se mettre au rang d’une haie
Et éteindre la veilleuse
  D’un enfant.

« Nimbes » au Marché de la Poésie – Signature, le 8 juin

L’oeil rond

Le Cyclope (Odilon Redon)


Un œil  rond sur le front
Mon monstre géant
   M’éclaire,
   Son soleil –
    Reflet sur ce tapis
    Me rappelle
     Un Cyclope
     Ô douceur,
     Ce rêve
       D’un géant tendre,   
          Son ombre
           Impalpable
          Me hante,
          Son œil  scintille
           Mon Cyclope jaune,
             Que viens-tu faire
              Dans mon rêve ?
              Ulysse
              Homère
              Renaissent,
             Ma  création,
            Mon mythe !
            Reviens-moi
          Le Jour
           Montre  ton œil
            Réveille-moi
             De  tes  longs bras
             Maître du ciel !
               Ta  foudre
                Ton arme.

Nous te le rendrons

La clarté de la lune
Qui nous drapait,
Fit briller ma robe fleurie
   Et ses yeux
 Qui se levaient à peine,

Lune rousse


 

Astre blanc
   Approche-toi
   Irrigue-nous
De  cette voilée
   Eclatante,
    Perce nos yeux
    Qui te  scrutent
    Couleur de lune,
      Rends-nous
       Ton disque 
        Rayon
       Pleine lune
      Lune pleine
       Nous t’attendons,
         Nos ombres
         Commencent
       A prendre ta couleur,
        Lune blanche
       Anime-nous
        Cette nuit
        Eveille-nous
         Projette
          Ton image
            Lune reflet,
          Apporte-nous
            Toutes tes phases
            Lune rousse
             D’avril
             Lune de feu
              De mai
             Lune de fleurs
             Lune de nos corps
             Enveloppe-nous
               Ce  soir,
               Nouvelle lune
             Sème en nous
              Cette flaque
               Caresse nous
               Nous te le rendrons.

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