© A.S.

De mon œil ardent d’endormie

 Je frissonne dans ce lavoir

 Cloche empourprée de grêle

 Je flotte comme

Dans le passé

  Un vol de mouettes au bec rouge

  Me frôle

Les mouettes rieuses ricanent

 Dans ce jardin à plumes

 De mon lit de nymphéas

 Du bassin d’iris et de nénuphars

 Je ne souhaite point en guérir.

«Ensorcelée» par les chroniques normandes

 A l’affût de ce jardin d’eau

  Mon corps se repose

  Dans cette masse de couleurs

   Auprès de glycines mauves

    De flambées de fougères de Kalmia

   Dans mon fortuné jardin

 Sous la flamme des capucines exubérantes

  Patrimoine de ma vie

Mon œil explose de teints rose et orangé

 Chauds et denses,

Point de soupir à ce sort.

 Tout bas

 Je guette toujours

  Mêle les agapanthes

  Dahlias géants

  Pommiers et cerisiers

  Farouche œil

  Impitoyable

  Et étincelant,

  Brumeux  de  cette peinture

  Fête vermeille !

  Ô sacrilège bassin

  Effroi ce froid

  Mon œil incendié

   Frémit.

  Oscillement à mes oreilles

   Le timbre d’une onde

   Me traverse

   C’est toi.


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